Conséquences

Selon l’intensité et le coma que va provoquer le traumatisme crânien, les séquelles chez les blessés seront différentes et pourront présenter des troubles différents. Il existe plusieurs catégories de troubles que l’on peut identifier tel que moteurs, cognitifs, neuropsychologiques, langagiers, ou des troubles du comportement.

Pour les traumatisés crânien légers, les séquelles vont être ce que l’on nomme « syndrome post-commotionnel » et qui correspond au jugement subjectif de leurs difficultés et de leurs troubles. Ce syndrome regroupe trois formes de plaintes qui sont somatiques, cognitives et psychologiques. Par plaintes somatiques, nous entendons des troubles de l’équilibre ou des vertiges. Les plaintes cognitives reflètent des problèmes de concentration ou de la mémoire. Quant aux plaintes psychologiques, il va s’agir des troubles du sommeil, de l’anxiété ainsi que de l’irritabilité. Le syndrome post-commotionnel, le plus souvent, va associer des céphalées avec une grande fatigue ainsi que des difficultés d’ordre cognitives et émotionnelles. En général, ces troubles disparaissent quelques mois après l’accident. Cependant, dans les cas où les blessés souffriraient également d’un état de stress post-traumatisme consécutif à l’accident, les troubles et les plaintes cités plus haut pourraient mettre plus de temps à s’effacer.

Dans le cas de traumatismes crâniens plus importants, les séquelles et les conséquences sur le quotidien des blessés peuvent être plus lourds, entrainant un impact sur la qualité de vie des blessés et de leurs familles. Des troubles moteurs peuvent apparaître (hémiplégie) mais également des troubles de la coordination et de l’équilibre. On relève également des cas de crises d’épilepsie à la suite d’un traumatisme crânien ou d’une cérébro-lésion. Les troubles cognitifs vont faire partit de ce que l’on appelle le handicap invisible, c’est-à-dire qu’ils concernent les principales difficultés et entraves à la socialisation mais on ne peut pas le voir. Parmi les troubles cognitifs, on observe des difficultés dans la concentration, l’attention, l’inhibition, la planification, des troubles de la mémoire (amnésie antérograde), de raisonnement etc. Les proches des traumatisés crâniens disent souvent qu’ils ne reconnaissent plus la personne blessée telle qu’elle était avant l’accident et qu’elle a changé ; en effet, un traumatisme crânien peut entrainer des modifications du comportement avec apathieirritabilité, agressivité, désinhibition etc. Enfin, certaines personnes vont avoir des difficultés pour communiquer et s’exprimer

Tous ces troubles vont interagir ensemble. C’est ce qui va handicaper. De longues hospitalisations vont les conduire parfois à oublier les gestes les plus simples de la vie. Certains éprouveront des difficultés non pas dans l’accomplissement physique d’un geste ou d’une activité mais plutôt dans l’impossibilité à le concevoir, à décider de sa mise en exécution, à le réaliser concrètement en tenant compte des réalités d’espace et de temps et à le mener à bien. Il s’y associe souvent une anosognosie, c’est-à-dire que les personnes ne sont pas clairement conscientes de leurs troubles. Tous ces troubles ne sont jamais isolés et interagissent pour donner des séquelles invalidantes car ils touchent aux fonctions supérieures (fonctions cognitives). Toutes ces étapes nécessitent une planification et une organisation des idées pour mener une action vers un but précis, ce que certains traumatisés crâniens ne sont plus capables de réaliser de fait de leurs séquelles cognitives prioritairement.

Au-delà de l’aspect médical que les séquelles vont entrainer chez les personnes traumatisées crâniennes ou cérébro-lésées, le retentissement est également non négligeable sur la vie quotidienne, sociale et professionnelle. On observe également chez certaines personnes suivies que leurs difficultés sont alourdies par la pesanteur médicamenteuse.

De longues hospitalisations vont parfois les conduire à oublier les gestes les plus simples de la vie. En effet, une fois de retour à son domicile, reprendre ses repères n’est pas toujours aisé et peut obliger un réapprentissage des gestes, des habitudes et des bases de la vie quotidienne. De plus, certains éprouveront des difficultés non pas dans l’accomplissement physique d’un geste ou d’une activité mais plutôt dans l’impossibilité à le concevoir, à décider de sa mise en exécution, à le réaliser concrètement en tenant compte des réalités d’espace et de temps et à le mener à bien. Toutes ces étapes nécessitent une planification et une organisation des idées pour mener une action vers un but précis, ce que certains traumatisés crâniens ne sont plus capables de réaliser de fait de leurs séquelles cognitives prioritairement.

Ces difficultés vont se répercuter sur la vie familiale, sociale et professionnelle. En effet, il est parfois attendu de la personne sortant de l’hôpital de reprendre le rôle et la place qu’elle occupait avant son accident : chef de famille, emploi à responsabilités, cercle amical etc. Cependant, après de telles épreuves et compte tenu des troubles présents, ces personnes se retrouvent parfois dans l’incapacité à reprendre leurs activités et leur poste, conduisant à un sentiment d’échec, de culpabilité, d’incompréhension, de désarroi. Ces sentiments sont majorés avec le handicap invisible dont ils sont atteints puisque de par sa définition, ce dernier ne se voit pas et peut apparaître comme inexistant aux yeux de la société. La volonté d’être reconnu en tant que tel apparaît donc une nécessité.

Cependant, de par notre expérience et nos observations, nous savons que ces difficultés reculent si la personne se retrouve dans un environnement à la fois rassurant et stimulant, au quotidien et dans la durée.

Le 30 août 2016 France 5 a diffusé une émission sur le handicap invisible et les mystères du coma vous pouvez revoir ces émissions en replay sur les liens suivants :
lien 1
lien 2