Symptômes et diagnostic

Infection urinaire : quels symptômes reconnaître, et quand consulter ?

Femme assise sur le lit, main sur le ventre

Une brûlure en urinant, des envies pressantes toutes les dix minutes, des urines qui sentent fort : ces signes inquiètent, et on se demande vite s’il s’agit d’une infection urinaire. Les symptômes varient selon l’endroit touché (vessie ou reins) et selon le profil de la personne. Voici comment les reconnaître, ce qu’ils signifient et la marche à suivre.

Quels sont les symptômes d’une infection urinaire ?

L’infection urinaire la plus courante est la cystite, une infection de la vessie le plus souvent causée par la bactérie Escherichia coli. Quand elle s’installe, les symptômes apparaissent en général en quelques heures et se ressemblent d’une personne à l’autre :

  • des brûlures ou des douleurs en urinant ;
  • une envie fréquente d’uriner, parfois pressante, avec très peu d’urine à chaque passage ;
  • des urines troubles, malodorantes, parfois teintées de sang ;
  • une pesanteur ou des douleurs pelviennes au-dessus du pubis ;
  • une sensation de vessie jamais tout à fait vidée.

Dans une cystite aiguë simple, la fièvre est absente ou très légère. Si la température grimpe, si des frissons ou des douleurs dans le dos apparaissent, l’infection a peut-être gagné les reins : on parle alors de pyélonéphrite.

Cystite ou pyélonéphrite : comment les distinguer ?

Les deux infections touchent les voies urinaires, mais elles n’ont pas la même gravité. Le tableau ci-dessous aide à les différencier.

Critère Cystite Pyélonéphrite
Organe touché Vessie Un ou deux reins
Fièvre Rare ou modérée Souvent supérieure à 38 °C, avec frissons
Douleur Bas-ventre, brûlures à la miction Douleurs lombaires, d’un seul côté le plus souvent
Autres signes Urines troubles, envies fréquentes Nausées, vomissements, grande fatigue

Infection urinaire : symptômes chez la femme et chez l’homme

Les femmes sont nettement plus exposées, car leur urètre est court et proche de la zone anale, comme le détaille notre article sur les causes de l’infection urinaire féminine. Une femme sur deux connaîtra au moins une cystite au cours de sa vie, et certaines font des récidives à répétition. Les signes sont ceux décrits plus haut, avec parfois une gêne accentuée après les rapports sexuels.

Chez l’homme, l’infection urinaire est moins fréquente mais toujours prise au sérieux. Les symptômes ressemblent à ceux de la femme, avec en plus une possible gêne du côté de la prostate : douleur au périnée, jet faible, difficulté à démarrer la miction, parfois fièvre. Une infection de la prostate (prostatite) peut s’y associer, ce qui justifie toujours un avis médical et un traitement plus long.

Chez la femme enceinte, une infection urinaire peut passer presque inaperçue, ou au contraire déclencher des contractions. Elle doit être traitée sans attendre, car elle augmente le risque de pyélonéphrite et d’accouchement prématuré. Chez l’enfant et la personne âgée, les signes sont parfois trompeurs : fièvre isolée, confusion, perte d’appétit ou incontinence nouvelle.

Quand consulter en urgence ?

Femme assise sur un canape tenant un thermometre

Fièvre, dos, sang : les signes qui ne se règlent pas à la maison

Appelez votre médecin traitant le jour même, ou rendez-vous aux urgences, en cas de fièvre au-dessus de 38 °C avec frissons, de douleurs lombaires, de vomissements, de sang visible dans les urines, de symptômes chez une femme enceinte, un homme, un enfant ou un diabétique. Même consigne si les signes persistent plus de 48 heures malgré l’hydratation ou reviennent après un traitement.

Une pyélonéphrite non soignée peut entraîner une infection du sang (septicémie) ou une atteinte durable des reins. La rapidité de la prise en charge change donc le pronostic. En cas de doute, mieux vaut consulter une fois de trop.

Causes et facteurs de risque

Dans la grande majorité des cas, la bactérie Escherichia coli, présente naturellement dans l’intestin, remonte par l’urètre jusqu’à la vessie. Plusieurs situations favorisent ce trajet : les rapports sexuels, une hygiène intime inadaptée, la grossesse, la ménopause, le diabète, une constipation chronique ou un sondage urinaire.

Chez l’homme, un obstacle à l’écoulement de l’urine, comme une augmentation de volume de la prostate, ou un calcul, favorise la stagnation des bactéries dans les voies urinaires. Boire trop peu d’eau et se retenir d’uriner jouent aussi un rôle, car l’urine qui circule peu rince mal la vessie.

Diagnostic : examen d’urine et ECBU

Pour une cystite simple chez une femme, le médecin se contente souvent d’une bandelette urinaire. Cet examen d’urine réalisé en quelques minutes détecte la présence de leucocytes et de nitrites, signes d’une infection. Il peut être fait au cabinet ou en pharmacie selon les cas.

Dans les autres situations (fièvre, homme, grossesse, récidive, échec d’un premier traitement), un ECBU est demandé. Cet examen cytobactériologique des urines identifie la bactérie en cause et teste sa sensibilité aux antibiotiques. Pour que le résultat soit fiable, il faut prélever les urines du milieu de jet, après une toilette soigneuse, de préférence au réveil.

Traitement et prévention

Plaquette de comprimes blancs posee sur une table claire

Le traitement d’une infection urinaire repose sur les antibiotiques, prescrits par un médecin. Pour une cystite simple, il dure de un à cinq jours selon la molécule. Une pyélonéphrite demande en général sept à quatorze jours, parfois avec une hospitalisation lorsque la fièvre est élevée ou que les vomissements empêchent de prendre les comprimés. L’automédication avec d’anciens restes d’antibiotiques est à proscrire : elle masque les symptômes et favorise les résistances.

Pour limiter le risque de récidive, quelques habitudes aident vraiment :

  • boire de 1,5 à 2 litres d’eau par jour ;
  • uriner sans se retenir et vider complètement la vessie ;
  • uriner après les rapports sexuels ;
  • s’essuyer d’avant en arrière et éviter les toilettes intimes agressives ;
  • soigner la constipation.

Si les épisodes se répètent (au moins quatre par an), parlez-en à votre médecin : un bilan complet et une stratégie de prévention adaptée peuvent être proposés.

Cet article est donné à titre informatif. Il ne remplace ni une consultation, ni un diagnostic, ni une prescription établis par un professionnel de santé.

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Article publié par la rédaction de Actu Forme Tonus Corps : Le site qui vous parle de santé.

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